mardi, 08 janvier 2008
Etrennons-la dans la boue !
Suite de la note précédente intitulée Bientôt Nowel. Car réjouissons-nous, c'est désormais le temps des étrennes, et c'est toujours les mêmes qui vont devoir payer :
"C'est vraiment l'homme idéal pour traiter cette affaire, se disait la directrice en faisant entrer Walter Closett dans son bureau.
- Et vous dites que vous l'avez découverte cachée dans les toilettes ?
- C'est exactement ça, inspecteur. Elle a prétendu qu'elle était venue inscrire son fils... j'aurais pourtant dû me douter, d'autant que la semaine précédente, il y avait déjà eu un vol et qu'elle ressemblait au portrait fait par le commerçant de la boutique de jouets qui a encaissé un chèque volé. Une brune de 25 ans, aux longs cheveux lisses, un peu rondelette...
- Vous croyez que c'était elle ?
- Je ne peux rien prouver, évidemment. D'ailleurs, elle ne s'est pas démontée. Vous comprenez, vers midi, normalement, il n'y a plus que les enseignants qui déjeunent à l'école, alors, quand j'ai entendu du bruit dans les sanitaires des petits, j'ai eu peur. Un accident est vite arrivé. Je suis entrée jusque dans le box, car il n'y avait pas de réponse à mes appels.
Je me suis donc trouvée bien confuse devant cette personne, que je ne connaissais pas du tout, debout, là, devant la cuvette.
- Elle aussi a dû être gênée, non ?
- Et bien justement pas du tout ! Elle ne s'est pas démontée : elle m'a expliqué qu'elle venait inscrire son fils.
- Comme ça, sans rendez-vous ? et dans les sanitaires ?
- ... oui, ça arrive. Les parents ne savent pas toujours bien quand nous joindre, alors... et puis elle m'a dit qu'elle avait eu un besoin pressant...
- Bon, si vous le dites... Et qu'avez-vous fait ?
- Bien évidemment, je l'ai conduite à mon bureau. Là, elle m'a donné adresse, numéro de téléphone, sans problème.
- Des coordonnées bidon ?
- Sans doute oui. Mais je ne me suis doutée de rien. C'est en ne voyant personne amener mon prétendu nouvel élève le matin suivant que j'ai réalisé.
- Mais qu'en ont dit les policiers ? Ils ont bien dû vous dire qu'on avait déjà usé de ce subterfuge de la fausse inscription dans une autre école, il ya près de deux ans !
- Les policiers ? quels policiers ? Cela fait quatre fois qu'on nous vole des portefeuilles ici, dans cette école, et on n'a jamais vu de policier, ni même eu un coup de fil du commissariat !
La collègue qui s'est fait dérober son carnet de chèque, sa carte d'identité et son permis dans son sac, dans sa classe, au premier étage, en pleine journée, alors qu'elle était dans la cour à surveiller ses élèves s'est même fait tancer pour négligence ! Au commissariat, on a refusé de prendre sa plainte, arguant qu'elle n'avait pas de preuve de vol ! Ensuite, quand les chèques volés ont commencé à arriver, tout juste s'ils ont bien voulu lui faire un déclaration d'usage frauduleux...
- Allons donc.
- Mais si, je vous assure ! Comme si elle les avait fait tomber dans la rue ses papiers, en secouant étourdiment son portefeuille... c'est incroyable !
- Quand même, vous avez bien failli la pincer, ce matin-là, dans les waters...
- Ah oui, à qui le dites-vous ! Si vous saviez combien je regrette. Car dans les jours qui ont suivi, c'est du porte-monnaie d'une collègue que la carte d'un grand magasin a disparu, dans l'école d'à-côté cette fois. Et comme elle ne s'en est pas aperçue tout de suite, "on" a eu le temps de s'en servir. Et pas pour des prunes ! "On " a dépensé près de 4000 euros en meubles au magasin Conforama !
- J'espère que la plainte a bien été enregistrée, cette fois !
- J'espère aussi, parce que cette carte, elle n'a pas pu s'envoler toute seule de son logement, ni par négligence. Et vous savez, 4000 euros, c'estplus de deux mois de salaire ! Imaginez quelles heureuses fêtes de fin d'année elle a dû passer après ça, ma collègue.
Déjà que, quand on se fait voler comme ça sur notre lieu de travail, ni la mairie qui est responsable des locaux, ni notre administration, l'Education Nationale, n'ont la moindre assurance pour nous couvrir. Tout est de notre poche.
A croire qu'on nous prend pour Crésus...
- Heureusement, maintenant, vous l'avez vue, la pie voleuse. On va pouvoir la serrer de près.
- Mais j'espère bien, inspecteur, parce qu'on en a assez ! On ne peut quand même pas tout fermer à clé ! Et s'il y avait le feu dans l'école, on ferait comment pour évacuer les élèves, hein ?
- Je vous comprends. N'empêche, cette voleuse des sanitaires, on peut dire qu'elle est culottée..."
(à suivre)
PS : Tout dans cette histoire est authentique, sauf hélas le personnage de Walter. La "pie des waters" a déjà escamoté à ma connaissance une bonne dizaine de portefeuilles dans les écoles Châteauroux depuis deux ans. Impunément.
Au contraire, ce sont les victimes qui se font maltraiter verbalement par la police.
Vous croyez que c'est normal ?
Pas moi.
06:20 Publié dans Exprimons-nous ! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : walter closett, police, commissariat chateauroux, incompétence, indre, 36








Commentaires
Oui vraiment que fait la police??? C'est pour cette raison que je crois beaucoup en la résurgence des détectives privés. Dobeliou, il est temps de prendre les choses en main!!
Ecrit par : Jack | mardi, 08 janvier 2008
c'est elle qui a pris ton portefeuille? mais que fait la police???? ;-)
Ecrit par : Annie | mardi, 08 janvier 2008
quelle histoire ! j'en reviens pas !
merci pour ton commentaire sur mon blog qui me permet de découvrir le tien , que je trouve bien sympa
Ecrit par : mounet | mardi, 08 janvier 2008
Merci, chère cuisinière ^^
Ecrit par : Ellie | mardi, 08 janvier 2008
Si ça se trouve, le fric-frac du buffet de la gare, la razzia sur les bonbons du Fournil de Camille et le vol de fioul à Buzançais, c'était elle, la bougresse !
Et la police, malgré l'accumulation d'indices, ne fait rien ? Ah, décidément, la maréchaussée avait des méthodes plus expéditives du temps de l'affaire Mis et Thiennot.
Le fait, en tout cas, qu'on laisse la très probable voleuse profiter en toute quiétude du produit présumé de ses larcins prouve, à ceux qui en douteraient encore, qu'on ne brûle pas les pécheresses en place publique et en robe de bure dans le Berry profond.
Ecrit par : Chieuvrou | mardi, 08 janvier 2008
On en reparlera ^^
Ecrit par : Ellie | mercredi, 09 janvier 2008
Rebondissement dans l'affaire de «la pie voleuse».....
Mon cher Walter, il semblerait que notre coupable ne se cantonne pas à exercer sa sombre activitée dans tes locaux.
« Châteauroux c'est fou » devenant incontournable pour tout bon castelrousssin de naissance ou d'adoption, voilà t'y pas que ce soir une lectrice pourtant non assidue de notre blog préféré m'apprend que des faits similiraires se sont tenus dans un autre établissement de la ville.
Une plainte a été déposée. La malfra semble connue, mais personne ne l'arrête.....
Ecrit par : Patrice | vendredi, 11 janvier 2008
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