« Un serpent ne fait pas le printemps | Page d'accueil | Franchise médicale »
vendredi, 21 mars 2008
Désert enseignant
Dans le journal d'hier,page 6, non seulement il y avait un article sur le blog de Patrice, mais il y avait cette histoire si émouvante du jeune prof de sciences-éco parisien, exilé pour un an d'intérim à PMC (à vous tirer des larmes, j'ai été vachement "émouvue", tiens)...
Le pauvre doit toute cette année se taper trois aller-retours par semaine dans le Téoz, avec tous les avatars qu'on imagine (des déraillements, comme celui de Vierzon puisque apparemment, les voies ferrées de France sont en assez mauvais état).
Douze heures de train pour huit heures de cours. Oui, passque il a des cours le lundi, le mardi et le vendredi. Non non, i'n'peut pas dormir le lundi soir à Châteauroux ! y'a pourtant des chambres à PMC... mais bon. Le Téoz doit être plus confortable, ou i'n'sait pas faire à manger. Ou Châteauroux lui donne des boutons, on n'sait pas.
Bref, il préfère payer le train. Pour un prof d'Economie.... enfin.
Education Nationale - SNCF : 1 partout, la balle au centre (de la France).
Heureusement son calvaire ne durera que l'espace d'une année scolaire, et il en parlera plus tard, au coin du feu, à ses petits-enfants, pour leur montrer que de son temps, on a connu la guerre, les privations, les tickets de stationnement (et ils seront tout émouvus, les ch'tiots, j'vous jure).
Bref, l'Education Nationale pédale dans la semoule, mais ça c'est pas nouveau.
Mais moi, j'ai discuté avec une étudiante en L2 à l'Université de Châteauroux. Et elle m'a parlé des profs de fac, qui sont pas tristes non plus, z'allez voir.
D'abord, comme ils viennent de Tours ou d'Orléans, ils viennent (quand ils viennent) empiler tous leurs cours de la semaine en une seule journée, pour ne pas faire comme le collègue du secondaire. Donc ils commencent à peine descendus du train de 10 heures et il n'est pas rare que ça se termine après 19 heures. Efficacité pédagogique de tout ça ? bof, de toute manière, à la fac, on s'en soucie fort peu, de la pédagogie.
Comme tout dépend des disponibilités et des emplois du temps d'autres centres de formation plus importants, les étudiants castelroussins voient leurs emplois du temps changer en permanence, et de manière imprévisible d'une semaine sur l'autre.
Pratique quand on a décroché un p'tit boulot alimentaire, hein ?
En plus, y'a la délocalisation du site en périphérie, dans les nouveaux bâtiments flambant neufs (voir le bunker de style néo-stalinien en haut à droite). Du coup, la majorité des profs qui viennent encore à Châteauroux ont demandé cette année une mutation. C'est trop loin de la gare, cette affaire-là. Et puis, pas moyen d'aller boire un coup entre midi et deux, dans un endroit convivial : y'a même plus un troquet en face de l'IUT, il vient de fermer définitivement.
Résultats des courses ?
Il n'y a pas même 10 étudiants qui ont réussi leurs partiels de L1 en histoire cette année.
En LEA, la situation n'est guère plus brillante.
Seul le droit attire encore quelques vocations, et les effectifs restent valables, toutes proportions gardées.
Conclusion de mon interlocutrice, qui n'engage qu'elle :
"On aurait mieux fait de ne pas construire ce grand bâtiment tout neuf et, à la place, de servir l'argent dégagé aux étudiants sous forme de bourses d'études, pour qu'ils puissent aller dans des endroits où les cours sont valables."
Parce qu'il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, ceux qui restent là, c'est parce que leurs possibilités financières sont faibles.
Un peu pessimiste, pour une si jeune fille, sans doute.
Mais qui sait, dans quelques années, elle pourra se targuer de faire l'andouille en Téoz comme le prof, là au-dessus. On n'arrête pas le progrès...
(c'est joli à gauche, n'est-ce pas ? Mais c'est pas ça, l'Université ! ça, c'est une résidence pour seigneurs seniors)
06:20 Publié dans Economie, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : enseignement, université, chateauroux, indre, 36







Commentaires
Bonjour du matin.
A la lecture du billet un grand sentiment d'amertume me submerge surtout quand on vous démontre que ce que "l'on a fait" est excellent et sert même de fond à une certaine photo d'une équipe colorée.
J'arrête je me fais trop de mal
Ecrit par : magic mimi | vendredi, 21 mars 2008
Une fois de plus, on a là la vision très rétrécie d'un élu sur l'urbanisme, la culture, le patrimoine, etc...
Il fallait une nouvelle fac, alors en gentil maire qu'il est, on a regardé où il y avait de la place et hop, un nouveau bâtiment est construit... sauf qu'avant on n'a pas réfléchi sur ce qu'il y avait à proximité, sur comment les malheureux profs de fac allaient s'y rendre car la plupart viennent d'ailleurs etc... Idem pour le boulodrome, très utilisé au demeurant mais qui comporte visiblement de nombreuses tares de fabrication qui auraient pu être évitées avec une réflexion au préalable...
Je ne préfère même pas savoir ce que la ville va faire de l'usine Balsan qui se trouve à côté, et qui d'un point de vue identitaire, patrimoniale possède un énorme potentiel... Encore un musée "immobile" (les élus aiment bien les musées...) qui sert à rien probablement ou alors la destruction pure et simple...
Ecrit par : Vincent | vendredi, 21 mars 2008
reste à savoir dans tout cela si l'on préfère une univ à taille humaine ou avec un amphi bondé. Pour ma part j'ai essuyé les platres du centre universitaire en 1989 (ouh lala ça me rajeunit pas) j'ai apprécié l'économie faite sur 2 ans sur le logement et les transports. Après on peut être démago et dire que la fac est loin du centre ... ca se voit que ceux qui critiquent n'ont pas été à Orléans la source par exemple, enfin rien n'est parfait, et la jeune fille en question devrait peut-être tester ailleurs avant d'avoir la critique si facile.
Ecrit par : sandrine | vendredi, 21 mars 2008
Ce n'est pas le fait que la fac (que j'ai fréquentée également pendant deux ans) soit loin du centre ou qu'il n'y ait pas beaucoup de monde, le problème. J'ai moi même apprécié une petite promo... De plus, l'étudiant est jeune, peut marcher, prendre le bus pour ne pas polluer ^^.
C'est surtout que cela n'a pas été réfléchi à l'avance... du coup les profs désertent, l'enseignement n'est pas de qualité et ce sont les étudiants qui sont pénalisés... Sérieusement, il faut admettre que le bâtiment est quand même au milieu de nulle part...
Ecrit par : Vincent | vendredi, 21 mars 2008
En effet, le problème concerne moins les étudiants que les profs : les premiers sont certainement bien contents d'aller dans des locaux neufs, mais les profs ont apparemment du mal à se motiver pour venir à Châteauroux.
Autre inconvénient de l'emplacement de la fac : l'éloignement de la médiathèque. Evidemment, rien n'est loin à Châteauroux, mais quand même, avant c'était la porte à côté...
Ecrit par : Ellie | vendredi, 21 mars 2008
Enfin, bon, maintenant, c'est fait, c'est fait ! rien ne sert de chercher des causes et des coupables, trouvons déjà des solutions !
Ecrit par : Ellie | vendredi, 21 mars 2008
Sans vouloir faire de polémique, Ellie, mais je tiens quand même à dire qu'un élu ne décide pas tout seul de la création d'un centre. Les agents sont là pour y mettre leur grain de sel, il me semble. Quant au rien autour, dans un projet il faut toujours un début, comme pour le centre colbert, les anciennes nouvelles galeries, le futur alimentaire en ville. Il faut toujours une première pierre.
Si j'écoute le raisonnement de chacun, je ne peux m'empêcher de dire qu'il aurait fallut faire le centre à la gare, et détruire la médiathèque pour la rapprocher du centre donc de la gare.
Les solutions : installer la politique du changement. En France, quand rien ne bouge, c'est nul. Quand cela bouge c'est nul. Comment fait-on pour bouger à moitié ?
Ecrit par : Felder Anthony | vendredi, 21 mars 2008
Exactement, des solutions, voilà ce qu'attendent les étudiants actuels et futurs.
Voici dans les grandes lignes ce que l'on proposait
Garantir le maintien d'un site IUFM
Developper l'IUT nouvelles licences recherche et transfert de technologies
Mettre en place une prépa aux écoles d'ingénieurs orléanaises.
Allez au boulot ca urge
Ecrit par : magic mimi | vendredi, 21 mars 2008
Petite expérience perso...
En début d'année nous avions déniché une petite perle pour s'occuper de notre fille en péri-scolaire... C'était sans compter sur son emploi du temps à la fac.
Fac de Psycho, à Lyon.
Me dites pas que les profs des facs de Lyon viennent tous de Paris en TGV...
Ecrit par : Olivier JL | vendredi, 21 mars 2008
Désolé Ellie ! Pour ma part je n'entends pas trop de demande de solutions émanant des étudiants. Mais comme les amis de magic mimi jugent que je suis déjà trop vieux, c'est peut-être pour cela que je n'entends rien.
D'autre part, le "Au boulot ca urge", j'imagine que cela ne s'adresse pas à moi j'espère ? car il y a d'autres lieux susceptibles de discuter sur des sujets ou nous ne serons pas d'accord, mais je ne veux pas créer de polémique sur le blog d'Ellie.
Alors si vous comptez systématiquement tout ramener à la politique, faites comme les autres, ouvrez votre blog, et nous pourrons échanger sans polluer celui d'un autre.
Cordialement
Ecrit par : Felder Anthony | vendredi, 21 mars 2008
Hors sujet maiiiiis : La deuxième photo est une bete de spot de skate =D
Ecrit par : Greg | vendredi, 21 mars 2008
Il se trouve que dans mon boulot, je côtoie pas mal d'étudiants (ils trouvent des petits boulots d'accompagnement scolaire dans les écoles le soir), et ils me parlent tous de leurs emplois du temps imprévisible. J'ai eu cette longue discussion avec l'une d'entre eux et elle exprime cet avis personnel. Mais j'ai trouvé que sa perception avait un certain intérêt, c'est pourquoi j'en ai parlé. Je pense aussi à l'avenir de mes enfants bien sûr.
Cette jeune fille prévoit bien sûr d'aller poursuivre ses études à Orléans, en master...
Ecrit par : Ellie | vendredi, 21 mars 2008
La solution ? un tram à Châteauroux ?
--> [] je suis déjà très loin ! :D
Ecrit par : Benoît | vendredi, 21 mars 2008
Tout à fait Ellie, de notre temps !!!! Lol, certains à la FAC nous disaient : "Quoi tu travailles pour te payer tes études ? et tes parents ? Tu crains". Ben ouais, papa maman ne payaient pas et c'était déjà la galère. Je comprends tout à fait que l'on puisse rencontrer des problèmes pour jongler avec les différents emploi du temps. Mais ce n'est hélas pas nouveau. Mais il faut relativiser, nous sommes à Châteauroux. Certains dans d'autres villes, diront que le centre universitaire est loin du stade, d'une salle de concert, etc....
mais Châteauroux est comme cela, avec ses avantages comme ses inconvénients.
Ecrit par : Felder Anthony | vendredi, 21 mars 2008
Eh bien, moi, je les comprends, les professeurs des universités : pas de troquet, pas de culture, et toc ! De toute façon, vu les crétins que leur envoient leurs collègues du secondaire, on ne voit pas pourquoi ils se feraient chier...
(Je dis ça, c'est juste pour vous prouver que je continue, moi, à faire le voyage jusqu'à Châteauroux...)
Ecrit par : Didier Goux | samedi, 22 mars 2008
Un sujet où je n'ai pas pu m'empêcher de laisser un petit commentaire (témoignant en tant qu'ancienne de la fac LEA à Chtx, ancienne de la fac d'Orléans et connaissant très bien certains profs orléanais qui ont encore le courage de venir affronter le Berry):
- Oui le centre universitaire est loin du centre ville, loin de la médiathèque, loin de la Mie Caline pour s'acheter un petit sandwich ;), loin du RU même quand on a qu'une demie-heure pour déjeuner...bref sa situation géographique n'est pas optimale, je suis entièrement d'accord...mais il y a de la place pour s'y garer au moins (une grande plainte des élèves de mon époque qui ne pouvaient pas garer leurs tutures colorées sur l'avenue de la Rép'...trop chère!!).
- Certes les profs orléanais dédient une unique journée aux cours castelroussins en compilant cours magistraux+TD+TP (mais est-ce pour cela moins formateur? plus destibilisant pour les examens finaux? j'en doute...à mon époque, il y a 6 ans, le taux de réussite aux examens et les notes obtenus étaient supérieurs à celles d'Orléans), mais croyez-moi, les profs que je connais, viennent avec le plaisir d'enseigner à un groupe à taille humaine. Ils peuvent développer des projets irréalisables sur la fac d'Orléans, comme un mini-journal pour les LEA par exemple. Ils connaissent au bout de seulement un mois les prénoms de chacun de la promo, leurs niveaux, leurs points faibles, leurs caractères...un élève plus réservé, moins confiant, prend ainsi de solides repères avant de se lancer dans une fac plus "usine".
- Personnellement, mon emploi du temps n'en a jamais pâti. Certes certains jours (2 par semaine selon mes souvenirs) je prenais plus tard le matin pour cause de trains à l'arrivée tardifs, mais je n'ai pas eu à subir de changements incessants dans mes journées universitaires (uniquement occasionnellement, comme c'était le cas à Orléans...avec, il faut le savoir, sur Orléans, des horaires en soirée beaucoup plus tardifs quand on a des professionnels en guise de professeurs, comme c'est le cas en L3 avec les cours de droit spécialisés dispensés par un inspecteur des impôts par exemple).
-A mon époque, ma principale plainte en tant qu'étudiante était le manque d'ordinateurs (on allait faire nos cours d'informatique à l'IUT). Et il était délicat de trouver un ordi pour faire des recherches pour un exposé par exemple. Mais là, d'après ce que j'ai vu, la salle info a de quoi contenter les élèves. Ce qui me ravit pour les actuels étudiants!
Bref, oui, cette université est mal située. Mais venir de la fac de Chtx n'a été que bonus pour moi dans ma vie étudiante: on arrive sur Orléans en Master (fac que j'ai également réellement apprécié), en ayant heureusement loupé les cours bondés et impersonnels d'un amphi (mais avec des acquis aussi importants et davantage de rigueur dans le travail ayant eu un suivi plus personnalisé). Et les profs (qui, pour faire fi à la "légende urbaine" sont des profs compétents ou tout du moins aussi compétents qu'ailleurs...car oui, promenez-vous au milieu d'un lycée, de lycéens et de parents d'élèves et vous verrez qu'ils sont remplis d'idées préconçues sur la fac de Chtx, qui selon certains, est une fac "de petite envergure" avec des cours de "moindre qualité" (ce qui me fait sortir de mes gonds, quand on sait que beaucoup de profs donnent des cours à tout point similaires mais avec une autre qualité d'écoute et de dialogue au sein du groupe).
Il faut être fier, je pense, d'avoir un centre universitaire, chez nous. Il faut peut-être trouver des remèdes: savoir pourquoi vraiment certaines filières perdent des élèves (à savoir que sur Orléans également LEA n'est pas au sommet de sa forme...ce n'est donc pas peut-être qu'un mal castelroussin), développer des filières qui "attirent" les élèves, motivent, sont adaptés aux besoins des entreprises et acteurs locaux, davantage communiquer dans les établissement secondaires pour "promouvoir" l'enseignement local et ses avantages...
Cette étudiante a des plaintes, dont certaines justifiées, je suppose, car je ne suis plus à sa place à l'heure actuelle (et je n'ai parlé que de LEA car c'est mon vécu...elle est peut-être, pour sa part, d'une autre filière), mais il ne faut pas non plus noircir le tableau...car la pelouse du campus est loin d'être verte partout ailleurs...il y a toujours de mauvaises herbes qui viennent nous empêcher de s'étaler tranquilou sur cette pelouse (comme le tram bondé pour remonter vers le centre d'Orléans au bout de 40mn de transport, comme prendre un rdv pour parler avec un de ses profs dans une fac "big-size", comme être un numéro identifiant sur une carte d'étudiant au secrétariat pour quémander en vain un papier administratif...). Mais après tout, c'est pas apprendre et préparer sa future vie pro qui comptent le plus?
Bon j'arrête là le blabla, car sinon on va me prendre pour une militante ^^.
Merci pour ce beau sujet qui fait réfléchir Ellie.
Ecrit par : EmilieG | lundi, 24 mars 2008
Merci à toi, Emilie, ça me rassure pour l'avenir proche de mes mouflets ^^
Ecrit par : Ellie | mardi, 25 mars 2008
Ecrire un commentaire