mardi, 03 novembre 2009
Un nouveau monde
C'est le titre du court qui a remporté cette année le premier prix des Berry movies.
C'était le 30 octobre au cinéma Lux, à La Châtre.
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Sinon, tout à fait autre chose :
10:11 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : la châtre, berry movies, indre, 36, court-métrage, cinéma lux
mercredi, 28 octobre 2009
Canular ? ou du cochon ?
Parfois, il semble que la fiction dépasse la réalité. Depuis le temps que j'attendais le 6ème opus de Saw, vous savez, ces films , parait-il très après sciés appréciés, où les gens sont obligés de se découper en tranches. Voilà qu'il arrive enfin sur les grands écrans, pour Halloween.
Saw 6... de Toulouse ou de Francfort ? Gnark gnark gnark.
Plus fort encore, les affiches de Saw 6 qui parsèment les murs du métro parisien ne sont concurrencées que par... les pubs pour les Lisztomanias de Châteauroux ! Si si, on me l'a dit (on a oublié hélas de me rapporter des photos, à l'heure des téléphones high tech, c'est un comble mais bon...)
Cette fois, c'est la réalité, qui dépasse la fiction.
20:42 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : saw 6, lisztomanias, chateauroux, indre, 36, paris, fashion, culture, musique classique, horreur
mercredi, 21 octobre 2009
Tous les ovésiens, toutes les ovésiennes...
vont sauter, vont danser sur le violon... pour paraphraser Michel Fugain, un Grenoblois comme moi.
Savez-vous ce que c'est qu'un ovésien ?
C'est un membre du site "On va sortir" point com, en raccourci OVS. Je viens de le rajouter dans "mes liens".
En gros, si vous n'avez pas d'amis dans le coin, vous vous joignez à une bande d'inconnus sympas qui proposent une soirée au bowling, au ciné, au resto japonais ou une partie de massages thaïlandais ou que sais-je encore. Ou mieux, vous lancez vous-même une idée, en espérant qu'elle intéressera du monde.
Un seul problème : si vous venez d'avoir 70 ans, c'est trop tard. Vous restez chez vous. Après tout, c'est pas les maisons de retraite qui manquent et le bowling, c'est pôs bon pour c'que vous avez.
Pour les autres, il y a au choix en ce moment, des vacances à Marrakech avec "un partenaire" (commercial, s'entend) ou bien une sortie à la piscine avec Jeje36 (un nombriliste, si ça se trouve), ou un jogging à Belle-Isle avec John (qui en fait s'appelle Ted(?)), un concert au Tarmac (avec Benoitz qui en fait s'appelle Ludovic (!!)), les places ne sont pas offertes je le précise, et bien d'autres z'idées z'encore !

Et Tifan, keski fait lui ? Tifan, i'sort pas, vu qu'il est déjà tout nu....

Bref.
Apparemment, l'inscription est gratuite.
Mesdames, méfiez-vous quand même du jogging à Belle-Isle à minuit en solo avec Bernard qui en fait s'appelle Jack l'Eventreur ou Bébère le Cinglé. Mais ça, vous aviez deviné. Heureusement, avant de s'inscrire à une sortie, on peut voir qui la fait et tout.
En résumé, je trouve que c'est une très bonne idée surtout dans un petit département comme le nôtre. La sortie pour chercher du houx en forêt du Poinçonnet, c'est marrant, et le concours de belote, donc... on rit et on s'amuuuse !
Y'a des trucs qui vous tentent, vous ?
Information trouvée dans le journal.
13:53 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : onva sortir.com, chateauroux, indre, 36, loisirs, spectacle
samedi, 17 octobre 2009
Hola, Tavernier !
Il est encore temps, mesdames, de postuler pour le casting du prochain Tavernier, jusqu'à cet après-midi à Bourges.
Foncez !
Cent dix hommes et des femmes à partir de dix-huit ans. Un à quatre jours de tournage entre le 19 novembre et le 1er décembre, à Bourges et Noirlac. Le tout pour incarner des domestiques, servante ou des nobles invités du roi, en 1572 : voilà le décor planté.
L'équipe chargée du casting, Catherine Deserbais et Geneviève Acien, voit arriver beaucoup trop d'hommes et pas assez de femmes depuis lundi à la Maison de la Culture. « Nous voulons moitié d'hommes et moitié de femmes. Pour l'instant la proportion est 9010 ».
Première embûche, les femmes ne peuvent arborer une chevelure teinte et c'est plutôt difficile quand la mode est aux couleurs. Du coup la présélection est sévère sur ce plan histoire de ne pas faire perdre du temps.
Ensuite, les jeunes de la tranche vingt-trente ans ne se sont pas trop bousculés. Or la production et le cinéaste cherchent un panel varié de la population.
Enfin, la partie du film tournée dans le Cher correspond au haut du panier dans la figuration avec des valets, servantes et domestiques dans la demeure de la Princesse de Montpensier et une réception donnée par le roi. Les nobles devront avoir un teint de cachet d'aspirine, le chic du chic de l'époque.
« L'idéal pour un casting, c'est d'avoir beaucoup de candidats pour en garder un sur dix » avance Catherine Deserbais qui a joué cash sur les bons et mauvais côtés de la figuration. Aux premières loges pour les coulisses d'un tournage, le déguisement mais aussi des journées interminables.
Les candidats vont maintenant attendre le coup de téléphone de la production, au plus tard le 19 novembre, pour savoir s'ils seront de la partie et de la filmographie de Bertrand Tavernier qui comporte un sacré film d'époque : Que la fête commence. Tout un programme.
François Lesbre
francois.lesbre@centrefrance.com"
Info le Berry Républicain
10:44 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : tavernier, montpensier, cinéma, bourges, 18, spectacle
vendredi, 16 octobre 2009
Cheap cheap cheap ... hourra !
Ami castelroussins, voici quelques semaines que je voulais le faire, mais c'est le moment je crois, de remercier nos élus pour la nouvelle affiche du prochain Salon des Antiquaires.
La voici en version abribus :

18:55 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : salon des antiquaires, chateauroux, 2009, les cordeliers, indre, 36
vendredi, 18 septembre 2009
Pour le plaisiiiir !
Non, ce n'est pas un sosie, cette fois, c'est le vrai.
Herbert Léonard ET ses danseuses !
On ne se refuse rien à La Châtre...
Si vous n'aviez rien d'autre à faire ce ouikend.
18:29 Publié dans Loisirs et culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : la chatre, foire, herbert léonard, laam, chanson, kitsch, indre, 36
mardi, 25 août 2009
En avant la musique...
"Il était 8 heures 59, ce matin, comme toutes les heures pile, chaque radio de la bande FM se préparait me farcir la tête avec les Z'infos toutes les mêmes copiées sur les dépêches AFP récitées avec plus ou moins de brio ... ou de parcimonie. Assaisonnées de pubs, avant, après, pendant, sur les bords, au milieu. Bref, le temps d'arriver à pied d'oeuvre, c'est-à-dire au bureau, pas une note de musique destressante, pas de massage de matière grise pour me détendre...
Et je suis arrivée toute énervée, pas du tout performante..."
Heureusement, tout ça, c'était un cauchemar, un lourd souvenir du passé. Le temps d'avant Balistiq. Balistiq ? la radio associative de Châteauroux, animée par des bénévoles. Mais pas que des amateurs, faudrait pas confondre.
En vrai, je suis arrivée à destination après un jubilatoire (comme on dit dans Télérama) crépage de chignons, celui de Brassens dans l'Hécatombe, et d'autres titres très cools je ne connais pas le nom, malheureusement, ils ne l'ont pas dit. Mais tant pis, j'avais pas envie d'entendre du blabla de toutes manières...
Eh oui, il va être temps de lui souhaiter un bon premier anniversaire, à Radio Balistiq, qui émet depuis septembre dernier, sur 103.00, je vous le rappelle. Levons nos ... canettes à sa santé.
Et si vous n'aimez pas Brassens, qu'à celà ne tienne, la programmation est éclectique, sur Balistiq. Jugez-en par les différents podcasts, et le soir, y'a des émissions où on parle, oui aussi. Dans les couloirs du lycée, tout le monde connaît Balistiq et y'en a même des qui écoutent, parmi les d'jeunz.
Un seul petit défaut, dans le press-book, pas de mention de la note publiée le 27 août dernier sur Châteauroux c'est fou... reconnaîtrait-on mal le bénévolat des autres, sur radio Balistiq ?
Pour ceux qui voudraient participer, Balistiq recherche des animateurs. Si vous avez un physique de radio, pourquoi ne pas vous lancer ?
Myspace de Gwilherm et son titre "Châteauroux district"
20:03 Publié dans Loisirs et culture, Un peu d'pipeule, Un peu de geek attitude | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : radio, association, balistiq, 103.00, châteauroux, indre, 36
vendredi, 21 août 2009
Vielle de chambre
Il paraît qu'il y a eu un stage de musique traditionnelle en juillet.
Je meuble, Châteauroux, c'est mou, en ce moment...
05:38 Publié dans Loisirs et culture, Pittoresque, Un peu d'ethnologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vielle, musique traditionnelle, indre, 36, juillet 2009
jeudi, 20 août 2009
Jamait... plus Jamait ?

Il est passé par ici, il repassera peut-être. Pour ceusses qui l'ont raté, revoici Yves Jamait, à Darc, le 12 août.
05:28 Publié dans Loisirs et culture, Un peu d'pipeule | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : yves jamait, darc, 2009, châteauroux, indre, 36, spectacle, musique
mardi, 18 août 2009
Le Berry vu par Paris
Transmis par notre envoyé spécial de la grande presse parisienne dont je tairai le nom, car si on savait qu'il travaille pour les Berrichons, il risquerait sa réputation, voici l'article de Télérama sur le Berry :
Berry et sorcellerie
| Le 16 août 2009 à 16h00 | | |
| Tags : Berry Mystère Paranormal | ||
LE MONDE BOUGE - Ici, les rebouteux soignent hommes ou bêtes, les médiums discutent avec George Sand et pratiquent des désenvoûtements. Reportage dans un pays nourri de culture sorcière.

Fantastique Berry | 14 août 2009
« Maintenant, je devine aisément l'arrivée et l'identité de mes interlocuteurs. Un défunt, je suis remplie de froid. Un ange, c'est chaleur et énergie. » Non, vous ne rêvez pas. C'est Nicole Dhuin, ex-ingénieur géologue qui parle, de sa voix douce et calme. Et sans chercher à convaincre, juste pour témoigner. En recommandant de ne pas la rendre trop ridicule. « Pas un jour où je ne reçoive un coup de fil pour désenvoûtement ! Des paysans pour leurs cultures ou leur bétail ; des villageois pour leur fils ou leur fille. On croyait ces pratiques dépassées. Vu les demandes que j'ai, je peux vous dire qu'elles reviennent au galop, ou n'ont jamais cessé... »
Là, c'est Patricia Darré, très active journaliste à France Bleu Berry Sud et médium non moins brillante. Ou encore André Brunaud, négociant en grains à la retraite : « J'avais une tante qui guérissait les brûlures et les piqûres. Mais pendant la guerre, c'était loin d'aller à vélo chez elle faire soigner le moindre bobo ! Je lui ai demandé de me passer son don. Ça a marché. Sur les hommes comme sur les animaux. A condition d'intervenir vite. Je touche alors légèrement la zone atteinte, je prononce une formule pendant deux minutes, le soulagement vient quelques heures plus tard. Comment et pourquoi ? Je n'ai jamais cherché à savoir. Peut-être une relation d'inconscient à inconscient ? J'ai moi-même transmis ce don à mon fils, et je ne veux pas en faire réclame. J'aime bien aider, évidemment bénévolement, mais j'aime aussi rester tranquille... »
pour en faire le centre sacré des Gaules.
Quel est donc ce pays où l'on commerce avec les anges et les défunts ? Où l'on envoûte et communément désenvoûte ? Où nombre de médecins incitent en sous-main à faire soigner son zona chez le guérisseur du coin ? Pourquoi tant d'esprits errants dans cette campagne apparemment si banale et pourtant si secrète ? Qu'elle soit ondulée de collines ou soudain plate et rongée d'étangs ; assombrie de forêts touffues ou percée au plus intime d'une noire rivière, la Creuse, si bien nommée. A l'aube, des brumes épaisses et blanches couvrent le paysage ; au crépuscule, des nuées de chauves souris y étendent leur royaume et les serpents, le jour durant, hantent les chemins.
On dit qu'autrefois, un peu plus au nord, du côté de Bourges, les druides avaient déjà choisi la région pour en faire le centre sacré des Gaules. La densité vibratoire du sol y serait plus puissante qu'ailleurs, et plus sensibles les courants telluriques qui le traversent. Le Berry ] royaume de « l'Ours », selon les origines celtes du mot – serait une terre forte et lourde, à l'énergie souterraine qui happe. Rien d'étonnant à ce que la très sensitive et prolifique George Sand (1804-1876), élevée chez sa grand-mère à Nohant, y soit restée sa vie entière attachée, y invitant ses amis Chopin, Flaubert, Delacroix, Dumas... – eux aussi amoureux de l'endroit –, et puisant, dans la demeure natale où elle mourra, l'énergie de bien des livres et réflexions politiques, historiques, féministes, théosophiques.
De La Mare au diable (1846) à La Petite Fadette (1849) et aux Maîtres sonneurs (1853), George Sand n'a cessé en effet de célébrer une modeste mais fascinante campagne où le merveilleux, sans fin, le dispute à la magie. « Sa petite-fille Aurore Sand, que j'ai bien connue, était une grande médium, qui avait même aidé la police à retrouver un criminel grâce à son pendule, se rappelle Christiane Sand, descendante de la romancière. Mais elle n'a jamais voulu me dire si son aïeule avait fait tourner les tables à Nohant : "Ces choses-là doivent être secrètes, disait-elle, sinon elles ne se répètent pas." » Christiane Sand, elle-même, reste discrète - pour éviter, dit-elle, les traditionnelles moqueries – sur la manière dont George Sand en personne lui aurait communiqué sa colère face au réaménagement à la française d'un parc de Nohant imaginé par elle « à l'anglaise ». « Du coup, j'ai fait du scandale, alerté les Monuments historiques, et on m'a écoutée. George m'a dit où mettre les fleurs, la paysagiste a obéi. »
on s'est mis peu à peu à pratiquer
la médecine du pauvre.”
C'est au XIXe siècle, selon l'historien et écrivain Gérard Coulon, que le Berry s'est découvert une culture sorcière. Quand les paysans commencent à quitter les campagnes et à émigrer vers la ville ; quand le pays déserté, appauvri se voit livré à l'abandon. « Les communautés villageoises étaient bien obligées de se prendre en charge et de se débrouiller seules, explique-t-il. Sans service médical, isolé de tout, on s'est mis peu à peu à pratiquer la médecine du pauvre. Dans chaque village, il y avait un guérisseur ou un rebouteux ; et dans de nombreuses familles, il n'était pas rare qu'un parent sache "barrer" un certain type de mal : problèmes de peau, brûlures, piqûres en tout genre. Ma propre mère soignait les dartres. Et même si je suis totalement sceptique, je l'ai vue réussir en effleurant l'endroit malade avec une épingle rouillée et en récitant cinq jours durant des prières à la Vierge. »
Dans les années 1960-1970, nombre de conteurs régionaux, à la façon de Jean-Louis Boncœur, grand collectionneur d'objets magiques et lui-même « un bout sorcier », comme on dit ici, ont colporté ces histoires fantastiques, fiers peut-être de redonner à une région de plus en plus déshéritée l'originalité, les pouvoirs aussi, qu'elle était en train de perdre. Et voilà qu'en 1973 sort avec succès chez Robert Laffont L'Œil du sorcier... Une histoire d'envoûtement, aujourd'hui en France, de Philippe Alfonsi et Patrick Pesnot, ou l'incroyable liste des mauvais sorts jetés à un riche vétérinaire et à son innocent troupeau de moutons, à la frontière de l'Indre et du Cher. La légende du Berry était faite, sur laquelle même les publicités institutionnelles continuent de jouer à plaisir : il n'est que d'entendre vanter avec gourmandise les « magies » du Berry sur France Inter. « Mais ces magies-là sont devenues du folklore, sourit Gérard Coulon. Restent juste nos nombreux calvaires aux carrefours de routes, où l'on dit que les sorcières avaient coutume de se rassembler. C'est pour les exorciser qu'on a installé des crucifix. Sinon, et depuis longtemps, je n'ai vu ni chouette clouée sur les granges, ni corbeaux morts ou plumes déposés devant les maisons, ni cadavres de hérissons dans des pochons, ou mystérieux petits paquets ficelés - à ne surtout pas ouvrir ! - sur les grands chemins... »
Nos pensées peuvent tout.”
Nicole Dhuin ne croyait plus à grand-chose, elle non plus, quand les anges ont déboulé dans sa vie. L'ont instituée leur « secrétaire ». Et poussée à ouvrir le centre d'accueil et d'études baptisé Mexico en Berry. A cette ingénieur géologue devenue dynamique commerçante et chef d'entreprise à Châteauroux avant de prendre sa retraite, il a fallu plusieurs années d'enquête, de recherche, une maladie même – trop d'angoisse et de doute me rongeaient, explique-t-elle – pour qu'elle accepte ses dons de médium ; soit d'intermédiaire privilégiée entre monde visible et invisible. A partir de 1995, une pensée impérieuse – précédée d'une intense chaleur, dit-elle encore – la réveille à n'importe quelle heure de la nuit, l'incite à se lever et à prendre note de ce qui lui est dicté. « D'abord je me suis rebellée. Je ne comprenais rien à cette écriture dite "intuitive", héritée de la mystique allemande Hildegarde de Bingen, du XIIe siècle, et qu'on oppose d'ordinaire à l'"écriture automatique" où la main du médium se met à écrire toute seule, et souvent en phonétique, une suite de mots attachés ensemble, explique la divine secrétaire. Mais tant que je n'obéissais pas à la voix, je ne dormais pas. Pourtant, moi qui ai en horreur les charlatans, je m'en suis posé des questions sur ces anges qui se présentaient comme "ange de l'amour universel", "ange de la joie", "de la paix", ou "de la guérison"... et qui me soufflaient des messages d'amour, d'indulgence et de tolérance d'un style simpliste qui m'étonnait. Pourquoi des anges ? Et qu'est-ce que des anges ? Et puis je me suis résignée à être leur canal d'énergie. Et à transmettre cette énergie à ceux qui me la demandent désormais. Car à force de travail, c'est-à-dire de quête de vide, de calme, les dons s'accroissent. Mais je suis persuadée de ne pas être une exception : tout le monde peut communiquer avec l'invisible. Nos pensées peuvent tout. D'ailleurs, de plus en plus de gens, ici, me disent recevoir des messages. »
Comme Patricia Darré, par exemple, de France Bleu Berry Sud, quand juste après son accouchement, en 1995, elle s'est trouvée victime du syndrome de « l'écriture automatique » avec des morts en direct sous le stylo – cette journaliste fonceuse et pragmatique s'est pourtant crue atteinte de schizophrénie ou d'un baby blues « psychotique ». Elle file chez un psychiatre de Châteauroux chez qui, justement, le phénomène se manifeste. Et la voilà qui écrit malgré elle, sous l'emprise d'un parent mort du psy. Lequel découvre éberlué sous sa plume des détails inédits de sa vie de famille. Ça n'a plus cessé. « Les morts se présentent sans que je les appelle. Ou je peux aussi, à la demande de quelqu'un, chercher à communiquer avec l'un d'eux. Je me souviens d'une grand-mère qu'on m'avait demandé d'invoquer et qui m'avait répondu de son au-delà : "Mais ça va pas la tête, j'y crois pas à votre truc !" Un journaliste ami, qui bouclait un scénario sur Jeanne d'Arc, m'avait demandé d'entrer en contact avec elle pour vérifier deux ou trois choses. Je la convie dans ma tête. Et je me retrouve face à une aristocrate au langage châtié qui me révèle être la demi-sœur de Charles VII, dressée depuis l'enfance à la guerre, et chargée, sous la défroque d'une bergère, de faire basculer le peuple du côté du roi de France et non de celui du roi d'Angleterre. Ne riez pas. C'est tellement dingue. J'ai honte d'en parler. Et soyez sûre que je ne cours pas après ces manifestations qui pompent tant d'énergie, donnent soif ou faim ; mais si elles apaisent quelqu'un... Moi-même, quand un mort se présente, je ne retrouve mon calme qu'après avoir "transmis". Ce que font mes défunts ? Tout ! Certains travaillent, d'autres cuisinent, construisent leur maison. Aucun ne me parle de Dieu. J'ai l'impression que notre esprit est si puissant qu'il continue sa route après la mort comme il le souhaite. Je n'ai jamais cherché à monnayer mes pouvoirs, juste à rendre service. "L'argent tue le don", disait au XIXe siècle l'initiateur du spiritisme en France, Allan Kardec. Quant à ma vie, elle a peu à peu changé. Si le journalisme me maintient heureusement dans le réel, j'ai découvert combien le rationnel et l'irrationnel étaient imbriqués, complémentaires. Combien notre pensée était puissante et pouvait soulever les montagnes. »
faire du mal. Un sorcier n'est jamais qu'un guérisseur
qui a fait son "coming out" dans le mal”.
Ou des mauvais sorts. Et Patricia Darré d'évoquer ce que tous feignent d'ignorer là-bas ; par crainte, dit-elle, d'attirer sur soi le mal si l'on brise la loi du secret. Car en terre sorcière, tout est question de flux et de reflux, d'onde mauvaise qui peut revenir en boomerang, de leveurs de sort qui soudain se changent en jeteurs de sort. Or ces derniers reviendraient nombreux, paraît-il, en pleine vogue gothique. Et nombre d'habitants se croient envoûtés pour un oui, pour un non. « Tous ceux qui ont le pouvoir de guérir peuvent aussi faire du mal. Un sorcier n'est jamais qu'un guérisseur qui a fait son "coming out" dans le mal. Il n'y a qu'à inverser les formules. » Elle dit ça crânement, elle qui est une des rares à accepter de mettre à plat ses abracadabrantes aventures spirituelles. A l'hôpital du Val-de-Grâce, le professeur Bruno Duroux devrait bientôt passer au scanner le cerveau de notre Berrichonne. Histoire de voir quelle anomalie ou hypertrophie façonne une tête de médium.
Bénédict Deloeuvre
Télérama n° 3108
Alors, ça vous inspire quoi, tout ça ?
14:14 Publié dans Loisirs et culture, Pittoresque, Un peu d'pipeule, Un peu de geek attitude, Un peu d'ethnologie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cliché, télérema, presse, berry, sorcellerie, 36









